Autour de la bande dessinée
Sommaire
1. « Une trop bruyante solitude » : de l’adaptation en bande dessinée d’un roman à la création d’une exposition, p1
2. Un continent à explorer : le manga, p2
3. Des livres sur la bande dessinée..., p5
2. Un continent à explorer : le manga
Par Julien BASTIDE, journaliste et critique de bande dessinée
Histoire de la bande dessinée japonaise
Les origines des mangas remontent au XIIème siècle avec les « Chôjû Giga », peintures faites par le moine bouddhiste Toba qui mettent en scène des animaux pour dépeindre les humains.
En 1814, Katsushika Hokusaï est le premier a utilisé le terme « manga » (GAH = image, MAHN = dérisoire) pour désigner un recueil de caricatures, les « Hokusaï Manga », composées de 16 volumes de dessins et croquis.
En 1870, sous l’
ère Meiji (ère des lumières), deux caricaturistes occidentaux influent sur le style japonais :
C. Wirgman (USA) introduit la séquence d’images et
G. Bigot (France) introduit la bulle.
Ainsi en 1905, la caricaturiste
Rakuten Kitazawa crée le premier magazine de bande dessinée japonaise satirique, le «
Tokyo Puck ».
A cette époque apparaissent les premiers magazines de prépublications de mangas : «
Shonen Club » (1914) destinés aux garçons et «
Shojo Club » (1923) pour les filles.
Après la guerre, un nouvel auteur révolutionne la BD japonaise : Osamu Tezuka. En 1946, à travers le manga « Nouvelle île au trésor » (Shin takarajima), il impose un style graphique inspiré par les dessins animés de Walt Disney (personnages ronds, enfantins, aux grands yeux) et une nouvelle manière de raconter des histoires avec des techniques de narration très visuelles, proches du cinéma. Il est l’auteur de : Astroboy (Testuwan Atomu), Princesse Saphir (Ribon no Kishi) ou bien encore Metropolis (qui a été adapté en film d’animation).
Les autres dessinateurs vont s’inspirer de son style et c’est sous son impulsion que le manga va vraiment se développer.