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Atelier du samedi 19 novembre 2005

Voyage dans la littérature de voyage avec Patrice Favaro, auteur, conteur :

-  de part et d’autre de la frontière entre réel et imaginaire ;

-  faire écrire : du récit au carnet de voyage.

11-01-2006, Stiller Marie-Anne , Malzac Stéphanie

Ce voyage dans la littérature de voyage en compagnie de Patrice Favaro a été envisagé selon deux aspects :

-  de part et d’autre de la frontière entre réel et imaginaire.
-  écrire et faire écrire : du récit au carnet de voyage.

Au XVIIIème siècle, la littérature de voyage a une intention pédagogique, initiatique, c’est le voyage du jeune. Elle semble souvent être une littérature pour tous les âges et invite à la lecture ceux qui ne lisent pas autre chose.
Au XIXème siècle, c’est dire le monde par le roman.
La littérature de voyage s’inscrit comme un trait d’union entre la littérature générale et la littérature jeunesse.
On peut décliner la littérature de voyage de la façon suivante :
Dire le monde par le voyage : c’est le voyage réel, référentiel.
Dire le monde par le roman : c’est le voyage de fiction.
Créer le monde par le voyage : c’est le voyage imaginaire.

Comment peut-on se servir de cette littérature pour lire et écrire ?
Dire le monde par le voyage : représenter le monde en le rendant présent aux autres, en partageant ses impressions à un public qui n’a pas de référents.
La difficulté réside dans le fait que le lecteur n’a pas l’expérience communiquée : « plus qu’un art compliqué c’est un art impraticable » (Gilles Latouche).

-  Comment traduire avec des mots ?
Des difficultés :
Face à un réel désordonné et chaotique on a du mal à distinguer le sens et la logique, l’instrument, l’écriture elle est logique et organisée.
Face à un objet exotique : ce que l’auteur voit est trop beau ou trop incroyable pour être dit (procédés stylistiques : coupures, parenthèses), le lexique ne suffit pas il faut donner à l’objet une traduction.
Heurt constant car la plupart des voyages ont été faits.(anthologie)
La frontière est difficile à établir entre fiction et réalité soit volontairement soit naturellement. Le lexique est lié à celui du rêve. Il est revendiqué comme un roman ou comme un voyage réel.

-  Comment se positionner ?
Sont identifiés plusieurs syndromes du lecteur :
syndrome de Don Quichotte : on nomme le monde avec les mots de la fiction.
Syndrome d’Heinrich Autman ? : dans un récit homérique il y a une réalité : on découvre les villes...
Syndrome du lecteur- voyageur :le récit de voyage est un guide pratique

-  Dans le récit de voyage, la notion de point de vue prend un caractère particulier :
Le point de vue intérieur :
La fonction de la subjectivité de l’auteur se manifeste souvent de manière forte. Au XIX/ XX ème siècle, ce sont les sentiments, le ressenti de l’auteur qui prennent une place sur l’écriture. C’est le « moi » dans le monde, tout le terreau social, culturel, religieux dont est issu l’auteur, sa perception de l’autre et de l’ailleurs qui est décrite. La littérature de voyage est nettement marquée par le regard « colonial » et la pensée est restée très « ethnocentrée ».
Le point de vue extérieur :
la mobilité du voyageur est un élément qui se traduit forcément dans le texte et les éléments techniques vont modifier le point de vue(ex. apparition du sous-marin, des transports aériens)

-  Comment s’écrit cette littérature ?
L’auteur « voyage deux fois » : la première fois il prend des notes sur ses observations puis porte un second regard sur ce voyage en mettant en forme et en y apportant des informations supplémentaires .
Le voyage est un fait concret que l’on ne peut traduire que par un processus mental.
Comment écrire la lumière ? analogie avec la peinture
Comment décrire ce que l’on ne connaît pas ? analogie, opposition
Comment rendre le mouvement ? technique cinématographique : travelling...

Quels sont les « genres » de l’écriture de voyage ?
La relation de voyage
 : tentative de témoigner au plus près de ce qui est vécu. On le trouve chez les marins, les savants. Ses spécificités sont la transparence référentielle, la succession chronologique, l’absence de contraintes structurelles.
Il y a toujours une intention (traduire le nom d’un endroit, construire une articulation des événements).
Le récit de voyage : il est recomposé et créé par un procédé de décalage articulé.
C’est « une histoire vraie qui doit se lire comme une fiction puisqu’il se présente comme une inconnue » (Michel Chaillou). Pour les Romantiques du XIX ème siècle « voyager c’est traduire à l’œil, à l’âme du lecteur » (Lamartine). C’est un voyage personnel car il résulte aussi d’un déplacement que l’on fait en soi-même.
Le journal de voyage  : l’écriture se fait au jour le jour. C’est ce principe de quotidienneté que l’on retrouve par les blogs sur Internet : processus de quasi simultanéité entre ce que l’on écrit et ce que l’on lit.
Le grand reportage : c’est la forme incisive marquée par le journalisme.(On retiendra les récits d’ Albert Londres). Il a pour origine la guerre de Sécession.

Les formes stylistiques propres à l’écriture de voyage :
la description : inévitable dans les récits (analogie, comparaison, métaphore)
la narration qui exprime un passé dont la mise en scène fixe le présent.
L’emprunt : ce sont les expressions entendues type « couleur locale » (on fait parler un personnage dans la langue)
Le relevé : on compose un voyage à partir d’autres voyages .
L’empilement : liste, collections (ex. Le Clezio)
L’écriture de voyage est un objet polymorphe qui a complètement intégré les avancées technologiques (internet, l’intertextualité)


 

Dernière mise à jour du site 11/ 03/ 2010


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