Sommaire
Pourquoi ?, p1
Comment ?, p1
Qui fait le choix ? Combien de livres ? (cartes collectivités) Combien de temps ? , p1
Cette formation, proposée par Claire Ayard professeur-documentaliste ressource pour le bassin nord de Marseille, s’est tenue le 12 novembre 2009 à l’Alcazar BMVR de Marseille et au CRDP de l’académie d’Aix-Marseille.
Elle a été animée par Magali Sand et Marylin Ghilès assistantes de conservation au département jeunesse de l’Alcazar BMVR de Marseille.
Pourquoi ?
Changer le rapport au livre, réconcilier, rencontrer la « vraie lecture » individuelle, intime, ludique, déscolarisée. Le livre n’est pas sacralisé.
Découvrir les différents usages ou intérêts de la lecture (documentaires, détente, évasion, jeu...)
Réduire les inégalités culturelles entre les enfants.
Créer une habitude. On aime lire parce qu’on a l’habitude de lire. Donner un statut de lecteur à l’enfant qui choisit, qui décide et prend confiance en lui.
Construire une relation agréable, gratuite, personnelle, ludique avec le livre.
Montrer des attitudes de lecture, l’acte de lire, l’adulte qui lit est un modèle auquel les enfants peuvent s’identifier. Ces attitudes se transmettent naturellement, par imitation.
Familiarisation avec la langue de l’écrit (voir le discours de Marie Bonnafé sur le sujet). L’écrit apporte la distance par rapport aux événements. La langue de l’écrit permet l’identification et la construction d’un espace intérieur nécessaire au développement de l’enfant.
- « Au pays de Titus » - Claudine Galea - Rouergue, 2008
Le livre développe l’imaginaire, rend l’enfant curieux sur le monde. Il développe son esprit critique. Il favorise les échanges entre enfants et entre adultes et enfants.
Ouverture sur le monde :
- « Alice sourit » - Jeanne Willis / Tony Ross - Hachette, 1999
- « Les enfants de la lune et du soleil » - François David / Henri Galeron - Motus, 2002
- « La bibliothécaire de Bassora » - Jeanette Winter - Gallimard Jeunesse, 2005
- « Sori et la lune d’automne » - Uk-bae Lee - Syros, 2007
- « Peuples de la terre » - Anne Lauprête - Milan, 2005
Le contact avec les illustrations est une initiation à l’art. L’enfant prend conscience de ses goûts.
- « La caresse du papillon » - Christian Voltz / Jean-Louis Hess - Rouergue, 2005
- « Photo les contraires » - Noël Bourcier - Seuil, 2005
- « Portraits de papa » - Claude Larock - Grandir, 1997
- « Le type » - Philippe Barbeau / Fabienne Cinquin - Atelier du poisson soluble, 1999
- « La nuit des cages » - Simon Hureau / Rascal - Didier Jeunesse, 2007
- « L’Afrique petit chaka »... Marie Sellier / Marion Lesage - Réunion des Musées Nationaux, 2001
Comment ?
Aucune contrainte : liberté d’écouter ou pas, de participer ou pas, liberté de manipulation, liberté de mouvements et de posture. Ne pas lire jusqu’au bout, lire plusieurs fois le même livre, regarder le livre dans tous les sens.
Instaurer une ambiance de liberté et de plaisir. Le lecteur doit être disponible et non directif, sans souci pédagogique ou thérapeutique d’aucune sorte. Il doit respecter les réactions des enfants (refus, redemande de lecture, indifférence etc.)
Proposer un choix varié (dans le format, l’illustration, le style de narration, thème etc.) et de qualité tout en tenant compte de la subjectivité du lecteur adulte. On ne peut faire passer que ce que l’on aime.
Pas de mise en scène pour laisser place à l’interprétation de l’enfant.
Présenter le livre ouvert face aux enfants pour qu’ils puissent lire l’image et anticiper le texte.
Respect du texte littéraire écrit par un auteur. Permanence de l’écrit. Stabilité rassurante pour l’enfant et caractéristique de l’écrit (les mots seront les mêmes lors d’une relecture). Les albums sans texte se montrent sans commentaires de la part du lecteur adulte.
Ne pas expliquer les mots. Ne pas interrompre la lecture pour ne pas interrompre la rêverie. L’enfant est sensible à la musique du récit, même s’il ne comprend pas tous les mots.
Ne pas interroger l’enfant sur la lecture.
Le lecteur n’est qu’un intermédiaire, indispensable. Il partage un moment de plaisir avec l’enfant.
Qui fait le choix ? Combien de livres ? (cartes collectivités) Combien de temps ?
Renouveler souvent. Etre libre de lire les livres qu’on a envie de lire.
Faire évoluer le choix avec le temps et les aptitudes d’écoute et de d’ouverture sur des illustrations plus étonnantes
Dépasser les a priori de l’âge (travers de l’édition et des directives de l’éducation nationale). Pas de jugement sur les lectures et les choix personnels des enfants.
Les livres qui se prêtent à la lecture collective
Penser aux contraintes matérielles : le format
Choisir des textes qui fédèrent, susceptibles de plaire au plus grand nombre. Pas de thèmes délicats, trop sensibles.
Exclure en collectif des lectures fines d’images, les bandes dessinées, les revues
- « Le voyage d’Henry »- D.H. Johnson - Casterman, 2007
- « L’agneau qui ne voulait pas être un mouton » - Didier Jean / Zad - Syros, 2008
- « Le premier jour » - Hervé Tullet - Seuil, 2003
- « La cité des oiseaux » - Danièle Fossette / Sacha Poliakova - Gautier-Languereau, 2004
Livres randonnées
- « Si » - Hubert Ben Kemoun / Frédéric Rébéna - Tourbillon, 2003
- « Dudu » - Betty Bone - Thierry Magnier, 2005
Humour
- « Poils partout » - Babette Cole - Seuil, 1999
- « L’art en bazar » - Ursus Wehrli - Milan, 2003
- « Papa ne veut pas » - Alain Lesaux - Rivages, 1991
- « Dictionnaire le petit rebelle » - Claudine Desmarteau - Seuil, 2001
- « C’est à quel sujet » - Philippe Corentin - Rivages, 1984
Histoires fortes
- « Petit aigle » - Chen Jiang Hong - Ecole des Loisirs, 2005
- « La rédaction » - Antonio Skarmeta / Alfonso Ruano- Syros, 2003
- « Probouditi ! » - Chris Van Allburg - Ecole des loisirs, 2007
- « Un homme » - Gilles Rapaport - Circonflexe, 2007
- « Mohamed Ali champion du monde » - Jonah Winter / François Roca - Albin Michel Jeunesse, 2008
Histoires fortes avec peu de mots
- « Rien » - Remy Charlip - Mémo, 2005
- « Au panier » - Henri Meunier / Nathalie Choux - Rouergue, 2004
- « Copains-clopant » - Mathis - Magnier, 2003
- « J’attends » - David Cali - Sarbacane, 2005
- « Révolution » - Sara - Seuil, 2003
- « Nuit d’orage » - Michèle Lemieux - Seuil, 1998
Livres plaisir de lecture partagé, pour jouer ensemble
- « Préfèrerais-tu » - John Burningham - Père Castor Flammarion, 1999
- « Il y a encore quelque chose qui cloche » - Guy Billout - Seuil, 2002
- « Imagine » - Norman Messenger - Seuil, 2005
- « Blaise et le château d’Anne Hiversère » - Claude Ponti - Ecole des loisirs, 2004
Contes classiques
- « La barbe bleue » - Dedieu - Seuil, 2005
- « Hansel et Gretel » - Kveta Pacovska - Minedition, 2008
Contes de tous les pays
- « Sagesse et malice de Nasreddine » - Jihad Darwiche / David B. - Albin Michel Jeunesse, 2000
- « La cigale et le petit rat » - Nathan, 2003
Mythologie
- « Thésée, Comment naissent les légendes » - Yvan Pommaux - Ecole des loisirs, 2007
- « Le voyage d’Ulysse » - Nicolas Cauchy - Gautier Languereau, 2007
La poésie
- « Mes poules parlent » - Michel Besnier / Henri Galeron - Motus, 2004
- « La cour couleurs » - Jean-Marie Henry / Roland Roure - Rue du monde, 2000
- « La poésie japonaise » - Juliette Binet / Christophe Hardy - Mango, 2007
Albums sans texte si format assez grand
- « Raies, points, pois » - Tana Hoban - Kaléidoscope, 2007
- « Prédateurs » - Antoine Guilloppé - Thierry Magnier, 2007
- « Le monde englouti » - Wiesner - Circonflexe, 2006
Petits romans
- « La plus belle fille de tous les temps » - Guillaume Guéraud - Milan, 2007
- « Les petits mégots » - Nadja / Zaü - Bayard Jeunesse, 2003
- « J’ai tué mon prof » - Patrick Mosconi - Syros, 1995
- La collection Petite poche des éditions Thierry Magnier
Les documentaires (dimension documentaire de certaines fictions) à lire en lecture continue (Archimède) ou à regarder ensemble (photos ou l’art en bazar, mariotti...)
- « Main » - Mario Mariotti - Circonflexe, 2002
- « La terre racontée aux enfants » - Yann Arthus-Bertrand / David Giraudon / Isabelle Delannoy - de La Martinière, 2008
- « Le monde est un village » - David J. Smith - Circonflexe, 2002
- « Sur le chemin de l’école » - Anne Bouin - Milan, 2004
Lire des histoires aux plus petits : une activité responsabilisante
Les enfants sont souvent motivés par une activité qui les responsabilise. Les grands ou adultes qui lisent une histoire pour plus jeunes, donc simple, sont décomplexés par rapport à leur niveau de lecture.
Il y a tout d’abord le travail du choix. Il se fait en bibliothèque. Il faut regarder beaucoup de livres très variés. Puis commence le travail de lecture à haute voix, ce qui demande du temps, de l’entraînement, de l’appropriation.
Cette activité apporte beaucoup, autant aux lecteurs qu’aux auditeurs. Les lecteurs sont valorisés, prennent de l’assurance etc... les petits auditeurs voient des enfants plus vieux en situation de lecteurs. Ils sont des modèles pour eux.
Liste complémentaire
- « L’imagier des insultes et des caresses » - Cueco - Seuil, 2003
- « Le géranium sur la fenêtre vient de mourir, mais toi, maîtresse tu ne t’en n’es pas aperçu » - Albert Cullum - Harlin Quist, 1998
- « Les trois clés d’or de Prague » - Peter Sis, 1995
- « Une si jolie rencontre » - Martine Laffon / Fabienne Burckel - Seuil, 2006
- « Jeu de piste à Volubilis » - Max Ducos - Sarbacane, 2006
- « Le bonhomme Kamishibai » - Allen Say - Ecole des loisirs, 2009
- « Quel radis dis donc ! » - Praline Gay Para / Prigent - Didier jeunesse (édition bilingue), 2005
- « Les trois boucs » - Jean-Louis Le Craver / Remi Saillard - Didier jeunesse (édition bilingue)
, 1999
Pour aller plus loin sur la lecture à voix haute
>>> Voir la sélection d’ouvrages et de ressources en ligne du Scérén