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Un trèfle à quatre feuilles pour la politique documentaire

Ou une moisson de trèfles à quatre feuilles , autant que vous en créerez....

Ces pages ont été rédigées à partir de la réflexion menée dans le stage « politique documentaire » inscrit au plan académique de formation.

26-09-2005, El Allouche Leïla , Marcillet Frédérique

Une idée saugrenue ?

Non, de quoi donner à la politique documentaire toutes ses chances d’aboutir !

-  car il ne faut pas croire qu’une politique documentaire se décrète, elle se construit...
-  car il ne faut pas croire qu’elle émane du seul CDI et du seul professeur- documentaliste. Il émane d’une équipe ou plutôt d’un faisceau d’équipes qui ne sont pas centrées sur le CDI. Celui-ci est, en effet, un des lieux parmi les autres lieux d’information internes et externes à l‘établissement.
-  car il ne faut pas croire qu’il suffit de réunir une équipe, cette équipe émerge des actions engagées et des différents projets.

En effet, la politique documentaire n’est pas et ne se réduit pas à un projet CDI amélioré : le projet CDI insère les actions pédagogiques et gestionnaires des professeurs documentalistes dans le projet d’établissement. La politique documentaire intègre au projet d’établissement toutes les actions concernant la pédagogie, la maîtrise et gestion de l’information. La politique documentaire procède donc d’une démarche de projet. On présente souvent la démarche de projet de manière linéaire : analyse des besoins, choix des objectifs, planification, évaluation. Le risque est alors de s’enfermer dans un projet « programmatique » répondant aux seuls critères formels de qualité de service et centré sur les étapes. En revanche si l’état des lieux se fait à partir des projets, certes déterminés, on crée une dynamique qui dépasse l’analyse fonctionnelle et permet de rejoindre les aspirations d’une équipe d’établissement.

Il s’agit donc d’adopter un fonctionnement systémique plutôt que linéaire.

En effet, la politique documentaire s’organise autour de quatre pôles : la politique d’acquisition, de gestion, d’information et de communication, de formation.

Ces pôles sont en interaction et interdépendants. Toute action ou modification de l’un des pôles réagit sur les autres. L’ensemble forme un système en évolution permanente caractérisé par un état donné dans le temps. L’analyse systémique permettra de mettre en évidence les facteurs relevant de chacun de ces pôles, pouvant eux-mêmes se démultiplier.

La démarche systémique consiste donc à penser la documentation dans sa globalité et sa complexité, à la représenter intellectuellement et graphiquement- pourquoi pas avec la métaphore du trèfle- comme une combinaison de relations et d’interrelations complexes, en montrant qu’elle est à la croisée de multiples éléments.

C’est ainsi que le rapport d’évaluation du ministère met en relation les lieux de ressources documentaires, leur organisation (cf. trèfles de la communication et de l’information ) et les actions documentaires, c’est-à-dire l’usage pédagogique qui en est fait (cf. trèfle de la formation). Ce sont les éléments que le rapport ministériel détermine comme « les premiers indices formels de la politique documentaire ». (05.02 (avril) - Les politiques documentaires dans les collèges Régine Gentil et Roseline Verdon, DEP C3, 6p. ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/ne2005/eva0502.pdf)


La métaphore du trèfle nous servira donc à présenter la politique documentaire dans sa globalité et sa complexité, graphiquement et intellectuellement, comme une combinaison de relations et d’inter relations complexes, en montrant qu’elle est à la croisée de multiples éléments.

Comme dans toute démarche de projet, il convient de ne pas oublier l’aspect de l’évaluation qui peut se décliner sur tous les domaines qui seront abordés et qui accompagne toute la démarche, aussi bien dans son aspect diagnostic que dans son aspect régulateur.

Pour chacun des pôles on pourra :

-  Identifier les différents aspects, facteurs et acteurs qui interviennent

-  Rechercher les relations entre chacun d’eux et identifier la nature de ces relations

-  Identifier les réseaux de relations et mettre en évidence les flux existants

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On peut néanmoins se demander pourquoi distinguer les pôles gestion et acquisition.

On le comprendra en observant le développement de chacun d’entre eux :

Les acquisitions concernent l’information et se déclinent selon leurs sources, en fonction de l’existant, bilan d’une analyse externe et interne des besoins et bien sûr des budgets...

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...tandis que la gestion, concerne le traitement de l’information et les moyens qui le permettent

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Les relations avec l’équipe administrative comme avec l’équipe pédagogique sont indispensables. C’est à ces niveaux que se crée qu’intervient, l’équipe plus particulièrement chargée de la politique documentaire. Voilà justement la grande difficulté : comment organiser, constituer une équipe ?

On considère souvent que la constitution d’une telle équipe est un préalable à l’organisation de la politique documentaire. Nous dirons plutôt que c’en est un élément décisif et que son apparition est le gage de l’existence de cette politique. Cependant, selon le contexte, elle se construira sur les leviers différents que sont les éléments détaillés sur les feuilles des trèfles et qui ne seront pas les mêmes selon

-  la culture de l’établissement,

-  l’ancienneté du CDI ( ou sa création),

-  les habitudes qu’ont les enseignants des travaux en projet, en équipe, intégrant des pratiques documentaires, utilisant ou non les TICE...
Tous ces cas de figure se combinent d’un établissement à l’autre comme au sein d’un même établissement, de manière variable.

C’est ainsi par exemple qu’une équipe de pilotage pourra se constituer en préalable dans un établissement en création autour des acquisitions et des choix d’abonnements.
Dans d’autres cas, elle se soudera peut-être plus facilement autour d’un projet qui sera l’occasion de travailler sur les compétences informationnelles. Cela donnera matière à l’analyse du fonds et du matériel nécessaire. La communication d’outils pédagogiques et d’informations diverses, sensibilisant peu à peu les collègues concernés et se diffusant progressivement grâce à la communication, peut aussi être un point de départ...


Dans tous les cas, l’organisation de la communication est un élément central et incontournable

Celle-ci dépend du type d’information, qui détermine les canaux choisis, eux-mêmes tributaires des équipements dont ils nécessitent l’acquisition.

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L’information peut se décliner de la manière suivante :

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Nous appelons

-  information patrimoniale, celle qui concerne les savoirs dits constitués et relève de la culture commune que l’école a pour mission de transmettre, elle constitue la plus grande partie de nos fonds,

-  information pédagogique, celle de la didactisation de ces apprentissages à travers les actions que nous mettons en place,

-  information logistique, les conditions dans lesquelles cela se passe (nombre d’élèves, lieu, emploi du temps, ouverture du CDI à d’autres élèves ou non..) et qui font donc partie aussi de l’ information événementielle

-  information évènementielle, celle qui nous indique les modalités de cet enseignement, informations administratives à durée de validité variable comme celles du BO par exemple, ou les informations culturelles plus ou moins locales, comme les programmes de théâtre, de cinéma..., ainsi que des espaces où elle sera diffusée, chacun d’entre eux pouvant à son tour être divisé en différentes zones d’information liées à des activités, comme le CDI bien-sûr, avec les zones de recherche, de lecture...


Il convient en outre de ne pas oublier les espaces virtuels accessibles grâce aux TICE qui trouvent leur usage à chacun des domaines évoqués...et s’organisent comme tous les domaines évoqués dans chaque trèfle en fonction des finalités et des modalités de formations qu’ils conditionnent et par lesquelles ils sont conditionnés.

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La formation des élèves à la maîtrise de l’information, si on voulait la décrire dans la manière dont elle s’effectue aujourd’hui, se déclinerait par un développement de la feuille supérieure gauche du trèfle, selon des modalités et des objectifs souvent développés dans l’ensemble des publications physiques et virtuelles concernant la recherche documentaire et les CDI, les autres feuilles du trèfle illustrent les éléments à développer pour qu’elle relève d’une réelle politique documentaire et plus exactement même, pour qu’elle la préside.

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A nos yeux, il n’y a pas de politique documentaire de l’éducation à l’information des élèves séparée d’une politique des systèmes d’information, ni d’une politique de communication. Ces trois aspects sont intimement liés et entretiennent des relations interactives, c’est là justement tout l’enjeu d’une politique documentaire digne de ce nom, qui dépasse effectivement largement l’action d’une personne ou d’une fonction. Bien sûr, la finalité en est la formation des élèves.

Tout ceci procède d’une dynamique de projet et nécessite un certain nombre de diagnostics, mais, là encore, il convient d’agir en fonction de finalités et de projets existants afin de se donner des fils directeurs : des politiques documentaires qui attendraient, pour se mettre en route, des diagnostics d’équipement, de situations, de fonds etc., risqueraient fort de demeurer à un stade procédural, ces diagnostics sont nécessaires, ils se font justement à partir de projets qui exigent des moyens. Ces moyens peuvent être d’ordre financier certes, ils peuvent aussi tout simplement être d’ordre organisationnel...

En préparation : une « mise en interactivité » de ces pages de trèfle à trèfle et avec différents outils de diagnostic et d’action construits par les stagiaires et les formateurs depuis l’ouverture du stage par France Vernotte et Alain Soulier en 2002-2003.


 

Dernière mise à jour du site 11/ 03/ 2010


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